< < DÉMarche Les facettes de mon travail sont nombreuses à la fois designer d’espace, plasticienne, 
scénographe...tous ces champs d’action se recoupent et ont pour lieu commun leur rapport à l’espace. L’espace de la ville, d’un lieu, diurne ou nocturne, pérenne ou éphémère... 

La démarche de conception ne diffère pas pour autant. Le projet répond d’abord à un contexte général, qu’il soit spatial, fonctionnel, culturel ou historique... Les «circonstances» du projet alors établies il est possible de se réapproprier, d’interpréter cet espace pour imaginer un projet «sur-mesure». 
Le questionnement même d’un lieu devient déclencheur d’actions: révéler, détourner, perturber la lecture des espaces quotidiens et ainsi faire entrevoir leurs qualités, particularités, dysfonctionnements, banalités mais surtout leur poésie.
L’homme, au centre de mes préoccupations, est acteur et non spectateur de la ville, il faut lui laisser la possibilité de faire l’expérience de l’espace qui l’entoure. Créer des espaces qui par exemple suggèrent un brin poésie, ou dirigent le regard vers un paysage oublié, il s’agit de proposer sans imposer.
J’aime lorsque la ville commence à s’émouvoir, laisse apparaître un air de folie furtif. L’installation éphémère permet cette extravagance légère pour sortir la ville de ses habitudes et laisser apparaître un usage incongru, dans l’espace public défini.
Cependant on doit aussi se donner la possibilité d’émouvoir les gens au quotidien, l’espace public pérenne très normé devrait parfois laisser place au micro-évènement, qui peut être simplement un changement de matériau, une couleur, un éclairage «intéractif» qui s’adapte aux situations (saisons, luminosité, usages...) ou une intervention qui échappe à une fonction précise. Il est possible de constituer des espaces faits de peu de choses qui occupent un espace restreint, un espace dont l’esprit et le rêve constituent la véritable étendue.